Kimaxine Bolgarov Chasseur Humain ~ Roi aux désirs écarlates des galaxies d'amour pirate

Age : 18 Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 10
| Sujet: En attendant Godot (privé Cassandre) Mer 18 Juin - 1:41 | |
| Kimaxine se laissa mollement tomber dans l’herbe fraiche de la grande pelouse qui entourait l’hôtel Maldaure. Il avait son visage des mauvais jours, celui que ses employés n’aimaient en général pas croiser. Le genre qui annonçait d’hors et déjà que Kim allait se montrer insupportable au possible.
En même temps, il fallait bien l’avouer, il n’avait strictement aucune raison d’être d’humeur joviale. Première chose, il portait en lui un très récent deuil qu’il n’avait toujours pas digéré, si tant est qu’on « digère » ce genre de chose un jour ou l’autre. Et ce deuil, loin d’être dû à une ‘simple’ mort, était en plus de cela étroitement lié aux choses qu’il abominait le plus au monde, c'est-à-dire les vampires.
Ajoutez à cela, en plus, le fait qu’il doive partir à la chasse, et vous obtenez un Kimaxine qui se lève du pied gauche. Maintenant, saupoudrez d’un temps plus que médiocre et d’un soleil aux abonnés absent. Cerise sur le gateau, il avait eu droit aux railleries du chauffeur de limousine qui l’avait gentiment charrié sur sa forte tendance à rouler les r, et à manier la grammaire anglaise comme une tourte. Au niveau du vocabulaire, Kim était rôdé, au niveau de la grammaire, et plus particulièrement des verbes, c’était une autre paire de manches. Alors quand il ne savait pas, il laissait les verbes à l’infinitif, ce qui lui donnait un petit air primitif qui faisait souvent sourire. Pas de chance, aujourd’hui, il n’avait pas envie de faire sourire.
Le blond s’était vite découragé en vérité, car plus il essayait de remettre les pendules à l’heure et plus le chauffeur riait. Or, Kim tenait à la vie, et dans la crainte que la voiture n’aille droit dans le ravin à cause d’un bête fou-rire, il avait opté pour le silence. Il aurait toujours matière à se défouler plus tard.
On l’avait ensuite bien accueilli, mais un bon accueil n’était pas suffisant pour remettre son moral dans le positif. On lui avait demandé d’attendre que son hôte ne se présente à l’accueil, ce qui ne saurait tarder selon eux. Kimaxine n’avait pas voulu attendre. Il leur avait laissé ses valises, et les avait prié de dire à l’hôte en question qu’il l’attendrait à l’extérieur, dans le parc.
En vérité, il s’en fichait de voir son hôte. Ca n’était qu’une excuse pour lui, une excuse pour rester ici. Il n’était pas là pour sauter le premier minet à belle gueule, encore moins pour aller roucouler. Il était là pour le strict inverse, pour tuer. Sa couverture avait malheureusement une faille, et une de taille : en venant se greffer à un hôte, il allait rapidement se faire monopoliser. Un client qui éviterait son hôte pour aller courrir les autres était tout ce qui était de plus suspect, et Kimaxine était trop malin, trop futé, et trop déterminé pour faire cette erreur. Il s’arrangerait. Il se le trimballerait, son hôte. Il le ferait le suivre partout comme un petit chien s’il le fallait. Et il avait déjà prévu sa roue de secours : en cas de manque de marge de manœuvre, il irait s’en prendre un deuxième, d’hôte. De quoi aller batifoler un peu ailleurs afin d’affiner son enquête. Forcément, trouver un vampire caché parmi une liste allongée d’hôtes, c’était chercher une aiguille dans une botte de foin.
Pauvre Kimaxine, s’il s’avait ce qui l’attendait…
Naturellement, le problème ne lui avait pas été posé comme étant une fourmilière à vampires… une vampirilière ? Dans son esprit, il y en avait un, une traitre et sournoise créature qui dupait tous les autres. Pour lui, l’hôte qu’il allait se coltiner n’était qu’un innocent qui se trouvait au mauvais moment au mauvais endroit, puisqu’il allait rapidement se retrouver embarqué dans la guerre vampire/Kimaxine.
L’homme d’affaire s’en serait sans doute soucié…s’il n’était pas de ceux prêts à tout sacrifier, cela incluant les innocents, pour tuer une de ces abjectes créatures. Le simple fait d’y songer, et le sang de Kim bouillonnait… Bah, avec un peu de chance, cela attirera le meurtrier aux dents longues…
Tout compte fait, ça ne l’arrangeait pas tellement, de l’attirer, son arme principale étant actuellement bien au chaud entourée de plusieurs pulls, dans sa valise. Naturellement, il lui restait toujours sa lame en argent, sagement rangée dans l’une de ses bottines.
Kimaxine jeta un œil à sa montre. Il commençait à trouver le temps long. Pas qu’il soit spécialement pressé de rencontrer son hôte, mais le temps passé à l’attendre ici était du temps perdu pour sa chasse au suceur de sang.
Il lâcha un léger soupir et, estimant que la situation exigeait la cigarette du réconfort, il tira de la poche de sa veste un paquet dont il extirpa, justement, une cigarette. Tandis que l’odeur et le gout familiers du tabac se répandirent non seulement dans sa bouche mais aussi dans ses narines, et que la fumée s’engouffrait dans sa gorge, il jeta un coup d’œil à son costar tout froissé et envahi d’une armée de brins d’herbe. Il ne s’en soucia guère, Kimaxine faisait partie de ces gens fortunés qui ne faisaient plus leur lessive depuis longtemps. Les pressings étaient là pour ça, après tout.
Il balaya tout de même pensivement son pantalon, évacuant tous les intrus verdâtres. S’appuyant sur ses bras posés dans l’herbe, placés à l’arrière de son corps, il leva le nez au ciel, la cigarette fumante toujours coincée entre ses lèvres, plissant le nez en constatant que le temps ne s’arrangeait guère.
Bon. Que faisait-il cet hôte. Ca ne se faisait pas de faire attendre un client. Encore moins un client comme lui. Oh bien sur, il n’y avait pas marqué « je suis un chasseur un brin pressé » sur son front –et même si tel était le cas, l’hôte n’avait pas encore eu la chance de voir son front- mais par respect, il pourrait accélérer un peu le pas histoire de ne pas laisser notre mafieux russe préféré en perdition avec sa cigarette, assis dans l’herbe comme un gamin qui se serait déguisé avec le costar de papa et qui aurait oublié d’en prendre soin.
Pour voir l’aspect positif, ça lui donnait plus ou moins le temps d’échafauder un plan. Mais de deux chose l’une : premièrement, il n’avait pas encore la moindre idée de la technique à employer pour localiser le vampire, outre errer la nuit et tomber ‘miraculeusement’ sur lui –ce qui signifierait, entre autre, tromper la vigilance de son hôte-, et deuxièmement, il ne pourrait planifier sa tactique qu’une fois en possession de quelques informations supplémentaires –notamment, sur l’hôte en question. Restait donc à attendre bien sagement, il ne devrait logiquement plus tarder, sauf s’il voulait se faire tirer les cloches par ses supérieurs.
Par chance pour le futur arrivant, cet instant de calme en tête à tête avec lui-même lui avait permis d'apaiser sa mauvaise humeur, même si son visage semblait toujours un brin contrarié -quoique maintenant, il s'apparentait plus à celui d'un enfant boudeur qu'à celui d'un mafieux furieux, un grand pas en avant... Il resserra le ruban noir qui retenait sagement sa chevelure blonde loin de son visage et, surtout, loin de la fumée de cigarette dont il ne souhaitait pas retrouver l'odeur plus tard dans ses cheveux, et jeta un oeil du côté de l'hôtel, afin de voir si son mystérieux hôte pointait le bout de son nez. |
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